jeudi 27 février 2020

LES GARDIENNES DU SILENCE de Sophie Endelys

Sorti le 17 octobre 2019

Résumé : Une île, deux monastères, trois meurtres, quatre siècles d'Ordre Occulte....de l'invention de l'imprimerie au transhumanisme. Chloé, une jeune femme ordinaire, archiviste, va affronter les nouveaux adorateurs de la science...Un très savoureux, et original, polar ésotérique.

Les livres ont-ils leur propre destin ?

Chloé, archiviste-bibliographe, se passionne pour les livres anciens depuis la mort de ses parents. Son père venait de publier Le Pont des Soupirs, le roman qui l'a rendu célèbre et dont elle conserve avec amour le tapuscrit original relié. Elle a déniché récemment dans la maison familiale un trésor : les Mémoires d'un artisan ayant fui l'atelier saccagé de Gutenberg en 1462 à Mayence, emportant avec lui le secret de ses encres. Ce manuscrit pratiquement illisible, Jeffrey, le mari de Chloé, s'y intéresse de bien près, de si près même qu'elle le tue sans tout à fait le vouloir.

Où s'enfuir ? Elle élit Heldenskøn, petite île où son père vécut jusqu'à ses vingt ans, lieu de cure réputé et probable paradis fiscal. Chloé y découvre un monastère perdu dans la lande qui fait écho à l'histoire contée dans l'étrange manuscrit, tout comme au roman à clé de son père. Que cache la légende de l'île ? Chloé cherche à percer ces mystères. Et quand elle prend conscience du secret enfoui dans le monastère, son destin bascule...

Mon avis : Mon avis sur ce livre est plutôt mitigé. En effet, j’ai beaucoup apprécié l’histoire, l’intrigue et le thème, mais j’ai eu du mal à accrocher au style de l’écriture… Cela me paraissait souvent décousu, on passe d’une époque à une autre mais en restant au présent de l’indicatif, ce qui fait qu’on se perd assez facilement, et les dialogues sont étrangement construits, les questions avec un tiret, et les réponses sans, comme s’il s’agissait d’une réflexion interne au narrateur. Je me suis même plusieurs fois demandé si le narrateur répondait à vois haute ou pas… 

Il m’en faut peut-être peu, mais cela a suffi à ne pas me faire totalement adhérer au roman… 

Pourtant, le thème m’a énormément plu : une société secrète qui cherche à sauvegarder tous les livres jamais écrits. Cette arche de Noé des livres a, dans l’idée, tout pour me séduire. Ça n’a pas manqué, sa description m’a fait rêver ! Pour l’intrigue, on suit l’héroïne, Chloé, qui a découvert un mystérieux manuscrit, un palimpseste pour être exacte, qui va l’entraîner dans une enquête qui lui fera découvrir cette société secrète et plein d’autres mystères liés à l’île où son père a vu le jour. Il est difficile d’en dévoiler plus sur l’intrigue, sans trop en divulguer. J’avais deviné quelques points de l’intrigue, mais il existe un grand suspens jusqu’à la fin, et j’ai réussi à me laisser porter par les rebondissements, assez nombreux.

Les personnages ne m’ont pas tous plu, mais j’ai beaucoup apprécié la voisine de Chloé, Zelle Frost, qui est décrite comme très à l’écoute d’elle-même et des autres. Elle ressemble à l’amie idéale, et est toujours là pour Chloé. Cependant les autres personnages principaux comme le policier ou Grégoire m’ont paru un peu fades, sans profondeur… Pour Chloé, je n’ai pas tout à fait réussi à m’attacher à elle, mais elle est fidèle à elle-même sur toute la longueur du roman. C’est une femme un peu perdue, maltraitée par son mari qu’elle quitte brusquement au début du récit, qui se cherche, et qui est prise dans une intrigue centenaire. Du coup, ses biais lui sont facilement pardonnés, puisqu’elle se retrouve seule et entrainée là-dedans…

Alors, petit avertissement, si vous ne connaissez rien au monde du livre, vous allez être perdus face à beaucoup de termes techniques ! Même avec des études liées aux livres et des cours très spécifiques, j’ai dû aller vérifier beaucoup de termes sur le net. 

J’ai parfois eu l’impression que ce livre s’adressait justement à des « pros » du livre, il y a un certain degré de connivence à ce sujet avec le lecteur. J’ai peur que cela suffise à perdre pas mal de lecteurs... Et l’aspect « transhumanisme » décrit dans le résumé me paraissait souvent comme un cheveu sur la soupe, je n’ai pas trouvé qu’il serve beaucoup le roman. Je reprocherai peut être également quelques « raccourcis », des choses qui se passent un peu trop vite, et certaines autres sur lesquelles on s’attarde sans que cela soit nécessaire... 

En bref, j’ai apprécié ce roman pour son thème et son intrigue autour des livres, qui sont son énorme point fort, et me font quand même le recommander. Après tout, le style de l’écriture plaira sûrement à d’autres que moi 😉 

Mes extraits : 

Si on exclut les doublons, les plagiats, les microfiches, les enregistrements sonores, les cartes, les vidéos, les photos, les publications gouvernementales et administratives, la presse, les périodiques, les almanachs, les partitions, et que l'on prend la norme internationale pour définir un livre, on compte cent vingt-neuf millions huit cent soixante-quatre mille huit cent quatre-vingts ouvrages produits par l'humanité depuis l'invention de l'imprimerie.

* * *

Lire est le plus délicieux des vices. 

Chronique de Lilice TwiCops

Broché : 400 pages
Editeur : Presse de la Cité (17 octobre 2019)

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