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mardi 16 janvier 2024

SOUS LE SOLEIL D'EAGLE BAY, de Sophie Jomain

Sorti le 10 janvier 2024

New Adult / Romance contemporaine

Résumé : À travers le hublot de l’hydravion, Abigail Lompré admire son Alaska natale. Cela fait dix-sept ans qu’elle n’a pas posé les yeux sur ces étendues verdoyantes balayées par le vent, ces lacs argentés, ces sommets enneigés… Isolée du monde, l’île du Prince-de-Galles est enchanteresse, brute et sauvage.

Mais elle peut aussi être hostile et impitoyable. Si Abby revient aujourd’hui, c’est pour sa mère, Emma. Désormais veuve, elle ne peut plus y vivre seule.

Après toutes ces années d’absence, les deux femmes vont devoir réapprendre à vivre ensemble. Mère et fille sauront-elles se pardonner le temps perdu ?


Mon avis : Tout d'abord, je tiens à préciser que Sous le soleil d'Eagle Bay est la version poche de l'avant-dernier roman de Sophie Jomain publié, à savoir Le dernier sommeil de l'ourse. Il revient avec une toute nouvelle couverture (d'un point de vue personnel, j'aimais beaucoup la précédente) et un tout nouveau résumé mais rien n'enlève le charme de ce roman.

Parlons-en de ce résumé version... poche 😂 Il est intriguant mais pas autant que le précédent :

"Abigail Lompré n’est pas retournée en Alaska depuis dix ans. L’île du Prince-de-Galles est belle, brute et sauvage, mais elle l’a fuie à l’adolescence pour rejoindre sa grand-mère paternelle à Paris, laissant derrière elle un père qu’elle aimait profondément et une mère avec qui elle ne s’est jamais entendue. 
Pourtant, aujourd’hui, c’est bien pour Emma qu’Abby est de retour. Pierre est mort et elle sait que son devoir est de ramener en France la seule famille qui lui reste, qu’importe leurs désaccords passés.
Sans son mari, son roc, son compagnon de toujours, Emma n’est plus capable de vivre seule dans un endroit aussi hostile et isolé, mais jamais elle ne quittera son île. Convaincre Abby que sa vie est ici, sur la terre de son enfance, serait la seule solution.
Au fil des jours, s’engage un combat de volonté, mais naissent aussi l’espoir et de timides rapprochements entre Abby et Emma. Sauront-elles se pardonner toutes ces années perdues ?
Hymne à la nature, Le Dernier Sommeil de l’ourse explore avec tendresse la relation d’une mère et sa fille, au coeur des paysages époustouflants de l’Alaska."

Le décor est planté!

Nous suivons donc le retour (et accessoirement "aventure") d'Abigail à Eagle Bay après l'avoir quitté il y a 10 ans de cela pour des raisons que je vous laisserai découvrir durant votre lecture. J'ai énormément apprécié ce personnage qui est à la recherche ne serait-ce que d'un geste tendre de la part de sa mère, elle qui a été en manque d'affection, voire d'amour durant sa plus tendre enfance. Elle a eu cependant l'amour de son père et ce, malgré la distance. Abby cherchera également des réponses à toutes les questions qu'elle a bien pu se poser durant de nombreuses années. C'est une sacré combattante et un personnage malgré tout que j'ai trouvé solaire.

De son côté, Emma est un personnage sombre avec des attitudes envers sa fille qui pourraient vous faire lever les yeux au ciel. Cette dernière ne s'est jamais sentie "mère" alors quand sa fille est née, il a fallut composer avec cette petite chose fragile. Emma est une personne solitaire et indépendante, qui n'aime pas les gens sauf l'amour de sa vie, Pierre, qu'elle vient tout juste de perdre. Alors quand son unique fille revient à Eagle Bay, les choses ne vont pas être des plus simples.

Comment vivre ensemble alors que depuis une décennie, ces deux femmes n'ont plus de lien? Comment poser les bonnes questions et obtenir les réponses que l'on attend ? Mère et fille vont-elles réussir à créer des liens ? Et si le temps était compté ?

Pour ce qui concerne les personnages secondaires, il y a tous les habitants d'Eagle Bay. Ceux-ci sont très bien travaillés et sont très attachants. Ils sont un peu comme une grande famille. Mais parmi eux, il y en a un qui sort du lot : William. Lui, c'est tout le contraire d'Abby : il a quitté les grandes villes pour venir s'installer dans ce petit coin de l'Alaska et exercer en tant que médecin. Il s'occupe notamment d'Emma et petit à petit, Abby et William vont apprendre à se connaitre et de fil en aiguille, la romance va s'installer.

Ce roman aborde un thème qui me semble peu traité pour ne pas dire tabou : le non désir de maternité. Et pourtant, il y a beaucoup de femmes qui ne ressent pas le désir d'enfanter et c'est tout à leur honneur. Ne pas suivre les dictas de la vie. Ce sont leur choix, leur vie, leur(s) raison(s) et nous devons le respecter. 

L'un des points fort de Sous le soleil d'Eagle Bay est certainement les paysages splendides de l'Alaska : on a vraiment l'impression d'y être. 

Il y a longtemps que j'ai été conquise par la plume de Sophie Jomain. Elle manie les mots avec énormément de talent et rend son texte tellement réel, vous voyagez en même que vous lisez. C'est fluide, puissant et addictif. Je ne suis pas sortie indemne de cette lecture... J'ai vécu un véritable tsunami d'émotions !

En bref, ce roman est une petite merveille. Vous ne devrez pas passer à côté de cette histoire touchante d'une mère et d'une fille qui vont apprendre à se connaître, à se faire confiance et à s'aimer.

Mes extraits :

- C'était une vieille dame, elle redoutait d'être seule.
- Et tu m'as sacrifiée pour ça ?
- Oui, parce que je savais que Régine t'apporterait plus d'affection et de tendresse que je n'aurais pu t'en offrir.
- Mais c'était de toi dont j'avais besoin ! Comment as-tu pu me faire ça ? Je voulais une maman !

* * * 

Hier, j'ai acheté des pommes aux Walker, pour la peine, vous viendrez à la maison boire un café et manger une part de tarte.
Il reposa le premier jerrican et entrepris d'ouvrir le deuxième.
- Je dois passer voir votre mère demain matin, elle a intérêt à être bonne.
- Qui ça, ma mère ?

* * *

Elle avait toujours détesté chasser, mais elle n'avait rien tant aimé que se retrouver avec son père. Aujourd'hui, elle lui en voulait presque, parce qu'il lui avait tout appris, sauf à vivre sans lui.

* * *

Chronique de Dimka

Éditeur ‏ : ‎ Charleston (10 janvier 2024)
Broché ‏ : ‎ 304 pages

vendredi 27 octobre 2023

CE QUI NOUS REND VIVANTS, d'Emma Green

 Sorti le 16 octobre 2023

New Adult / Romance

Résumé: « Ils ont tant de vies entre les mains ... Et les leurs à sauver. » Aux urgences de l’hôpital public de Chicago, Cléo commence son internat et y retrouve Carter Cruz, une vieille connaissance. Bien plus que ça en réalité : son meilleur ami de fac de médecine, mais aussi son plus sérieux rival et son plus grand regret. Ici Cléo se sens enfin à sa place, au milieu des brancards qui roulent à toute allure, des portes qui claquent, des chefs qui crient, des machines qui bipent et des tenues pastel qui volent au secours de ceux qui en ont besoin. Chaque jour, elle apprend. Elle soigne les autres pour oublier le mal qui la ronge. Elle croise l’humanité et la mort dans les couloirs. Elle tisse des liens forts avec tous ces héros du quotidien. Et elle se rapproche malgré elle de celui qu’elle fuit à tout prix … Pourtant, elle voudrait juste se sentir aussi invincible que lui. Et croire, le temps d’un battement, que la vie peut l’emporter.

Mon avis:  Avec ce qui nous rend vivants, nous découvrons l'histoire de Cléo, qui après avoir terminé sa troisième année de médecine, rejoint enfin les urgences pour commencer son internat à l'hôpital de Chicago. Un choix réfléchi qui la met au service des gens dans l'urgence mais surtout la rapproche de sa mère qui y est décédée une année auparavant. Un décès qui la torture encore depuis des mois et dont les questions non résolues la pousse à en savoir plus afin de pouvoir enfin réapprendre à vivre. Sauf qu'elle ne s'attendait pas à devoir passer par le Dr Cruz pour y arriver. Son ancien concurrent, meilleur ami et surtout celui qui lui a brisé le coeur...

Après avoir su le thème de cette sortie, j'étais très curieuse de lire cette histoire, surtout par la plume des Emma Green. Etant de la génération Urgences et Grey's Anatomy, je n'ai eu aucun mal à me glisser dans cet univers médical. Toutefois, bien que les descriptions soient réalistes du point de vu scénaristiques, on sent bien que l'inspiration est clairement télévisée. Donc n'ayez pas trop d'attentes du côté médical car tout y est aseptisé pour s'accorder au scénario romantique. 
Par contre, pour l'intrigue, j'ai été conquise. J'ai adoré les thèmes abordés. Ce sont des thèmes qui touchent tout le monde et on ne peut que se sentir concerné. Et pour ma part, j'ai grandement apprécié qu'ils soient traités de façons légères et simple afin que cela ne plombe pas non plus trop l'ambiance du roman. 

En fait, je pense qu'il faut vraiment lire ce roman comme on regarderait un épisode de série. Il y a des temps fort, des faiblesses et de l'émotion, mais on reste quand même très en surface pour que cela reste divertissant. Et quand c'est bien fait comme ici, cela ne nous empêche pas d'aimer les personnages et de nous y attacher. 
J'ai adoré Cléo et Carter, deux personnages qui se ressemblent et se complètent. Ils incarnent la passion, le dévouement à leur métier mais aussi la complexité de la vie. Celle qui n'hésite pas à vous mettre une droite alors que vous êtes déjà à terre. Et pourtant, ces deux personnages se relèvent et continuent de se battre pour ceux et ce qu'ils aiment. Pour ma part, même si les autres personnages sont bien traités aussi, ils les ont complètement éclipsés. Je ne voyais qu'eux et j'ai adoré voir évoluer leur amour. Une évolution bien menée et bien rythmé par un slow burn maîtrisé. 

En bref, un petit coup de coeur pour ce roman. C'était presque parfait. Sans ce côté trop scénarisé du côté médical, j'aurai eu un franc coup de coeur, mais cela reste un super roman que je recommande vivement! 

Mes extraits:
 Dans sa tenue bleu marine de médecin résident, titre qu’on obtient dès la deuxième année d’internat, il déboule enfin en réa. Sans blouse blanche. Sans bonjour. Sans la moindre excuse pour le retard. Juste avec ses muscles et ce satané sourire qui fait qu’on lui pardonne tout.
Trouble de la vision.
Engourdissement des mains.
Faiblesse soudaine dans les jambes.
Difficulté de déglutition.
Confusion subite et persistante.
Soit je fais un AVC, soit j’ai Carter Cruz face à moi.

Chronique de 

Broché: 446 pages
Editeur: Editions Addictives


mardi 8 septembre 2020

UNE VIE DE MENSONGE de Kim Harrison

 Sorti  le 9 septembre 2020

Résumé: Vaut-il mieux vivre une vie parfaite tissée de mensonges ou accepter une réalité si atroce qu’elle risque de vous détruire ? Meg veut une vie normale. En dépression depuis la mort de sa mère, la jeune peintre pourrait révolutionner le monde de l’art... si seulement elle était capable de passer outre son anxiété paralysante. Encouragée par sa thérapeute, Meg sort de sa zone de confort et devient amie avec Haley. Haley est tout ce que Meg désire être : charismatique, sûre d’elle, parfaite. Alors quand Austin, son petit ami, exprime son inquiétude par rapport à l’emprise d’Haley sur elle, Meg se sent tirée par le bas et le quitte. Elle déclenche ainsi, sans le savoir, une série d'événements qui vont ébranler toutes ses convictions au point de ne plus savoir distinguer la réalité du mensonge. Qui de Haley ou d’Austin lui ment ?



Mon avis: Avant de commencer, j'aimerais remercier la Collection Infinity pour l'envoi de ce livre numérique en avant première. Ayant beaucoup aimé la saga Rachel Morgan, j'étais assez impatiente de lire cette nouvelle histoire de l'auteure.
Je me suis alors immédiatement plongée dans l'histoire de Meg, une jeune femme paralysée par une anxiété quotidienne qui lui pourrit la vie. Son fiancé a quitté le domicile, elle n'a aucun ami et est perçue comme la fille bizarre sur le campus dans lequel elle travaille. Alors pour tenter de reprendre les pleins pouvoirs sur sa vie, elle décide avec sa thérapeute de tester un nouveau traitement. Fort heureuse de voir qu'elle progresse de jour en jour, Meg resplendit, change et arrive même à avoir de nouveaux amis. Seule ombre au tableau, ce sans abri qui semble la suivre et la terrifie en lui racontant qu'Haley n'est pas humaine et qu'elle ne lui veut pas que du bien...
Bon je vais être totalement honnête, je n'ai pas aimé ce roman. Bien qu'il soit bien écrit et que l'auteure manie habilement les subtilités du suspens, je n'ai pas du tout adhéré à son histoire que j'ai trouvé farfelue. Peut-être est-ce dû au fait que je m'attendais à de l'Urban Fantasy là où il n'y en a pas? Je sais pas.
Toutefois, il n'y a pas que cela. Je n'ai pas non plus aimé l'héroïne, qui étant unique narratrice, n'a pas arrangé les choses. Meg n'est pas le genre de personnage que j'apprécie. Elle est faible de caractère, ne fait rien par elle-même. Elle mendie tellement l'amitié que cela en devient très agaçant.  Même les autres personnages sont caricaturaux et tellement peu développés que je n'ai pas réussi à les apprécier non plus. 

En bref, une histoire qui n'était sûrement pas faite pour moi. J'ai eu énormément de mal à terminer le livre d'autant que j'avais déjà deviner la majeure partie de l'intrigue, bien avant la fin. J'espère que le roman trouvera quand même son public.

Chronique de Sandy Twi-Cops

Broché: 304 pages
Editeur: Collection infinity
Collection: Urban Fantasy 

lundi 11 mai 2020

FALLEN, T1, L'ombre du passé d'Aly Martinez

Sorti le 8 avril 2020

Résumé: Entre ses études de médecine et sa vie de mère célibataire, la vie de Charlotte Mills ne ressemble pas vraiment à ce qu'elle s'était imaginé. Heureusement elle peut compter sur son fils Lucas, son rayon de soleil. Du moins jusqu'à ce jour maudit où la lumière fait place à l'obscurité et aux regrets. Voilà dix ans que Charlotte vit dans l'ombre du passé. Il a suffi de quelques mots pour bouleverser sa vie. Il en faudra cinq autres, prononcés d'un ton grave et râpeux, pour lui redonner espoir. « Salut. Je suis Porter Reese. » Se remettant à peine de la mort de sa femme, Porter a besoin de l'aide du docteur Mills pour sauver son fils. Mais malgré leur connexion instantanée, entre eux, rien n'est facile. Et s'ils se rendaient compte qu'ils ont plus en commun que l'attirance qu'ils éprouvent l'un pour l'autre ? Quand deux êtres se rencontrent dans l'obscurité, se reconnaissent, se donnent la main pour se diriger ensemble vers la lumière.

Mon avis: Voilà une des sorties d'Avril qui me faisait le plus envie même si le thème abordé est aux antipodes des lectures légères que j'ai eu dernièrement. Un thème difficile qui devient une épreuve lorsque l'on est parent. Je savais que j'allais être soufflée émotionnellement, mais je ne m'attendais pas à ce que cette histoire devienne pour autant un joli coup de coeur au point de me jeter sur la suite en VO!

Dès les premières pages, nous entrons dans le sujet difficile qu'est la perte d'un enfant, plus précisément, le kidnapping du nourrisson de Charlotte Mills. Une perte qui, dix ans plus tard continue de la ronger au point qu'elle semble éteinte aux yeux des autres. Désormais sa vie oscille entre l'espoir de retrouver un jour son fils, qui, victime d'une malformation cardiaque devra un jour où l'autre être transplanté, et le désespoir de ne jamais le retrouver. Jusqu'au jour où elle rencontre Parker, ce père veuf désespéré de sauver son fils atteint d'une grave infection aux poumons et qui voit en Charlotte son dernier espoir. Seulement, le docteur Mills ne soigne plus les enfants depuis la disparition de son fils et même si son attachement envers Parker grandit, elle ne se sent pas capable d'y arriver sans sombrer un peu plus dans le désespoir. Deux personnes au passé tumultueux et à la noirceur intérieure plus prononcée que chez les autres qui essayeront ensemble de retourner vers la lumière.

Comme je le disais donc plus haut, j'ai eu un joli coup de coeur pour cette histoire qui m'aura emporté émotionnellement. Incisive, l'auteure arrive à transmettre parfaitement toutes les émotions attendue pour une telle histoire. Et quelle histoire! Magnifique et poignante comme je les aime.

Et que dire des personnages? J'ai tant souffert avec eux, j'ai partagé leur intimité, leur désespoir, leurs espoirs. Je crois que Parker et Charlotte resteront dans ma tête encore un bon moment. La manière dont l'auteure décrit la noirceur qui envahit Charlotte et Parker est tellement parlante, tellement poignante. Puis il y a cette note de lumière et d'humour qui allège un peu le récit et rend la lecture encore plus belle.
Du côté des autres personnages, j'ai tout simplement détesté l'ex de Charlotte. Ce type est immonde et d'une méchanceté innommable.
Si je n'avais qu'un seul défaut que je reprocherais à l'auteure ce serait la fin que j'ai vu arriver mais bon, il est tellement génial ce bouquin.

En bref, si vous aimez ce genre d'histoire poignante et prenante, je ne peux que vous conseiller de lire ce livre. Par contre, je préfère vous prévenir, la fin nous laisse sur un gros cliffhanger, si bien que je n'ai pas pu m'empêcher de lire la suite en VO.

Mes extraits:
Son visage se durcit et ses narines se dilatèrent de rage.
Le voilà.
L’air autour de nous se glaça.
— Brady, menaça Tom dans mon dos.
Mais il était trop tard…
— Et à qui la faute, Charlotte ? siffla Brady.
Les mots me déchirèrent de l’intérieur. C’était une vérité et un fait que je ne pouvais même pas nier.
La mienne.
C’était ma faute.
Pour toujours.
***
— Comment… comment vous savez ça ? murmura-t-elle.
Je cédai à l’envie de mettre une mèche de ses cheveux soyeux derrière son oreille. Après quoi je pris sa joue.
— Parce que c’est ce que je fais tous les jours, répondis-je.
Elle déglutit avec difficulté et détourna ses yeux sur le côté.
— Et laissez-moi deviner, rétorqua-t-elle. Vous voulez compatir avec moi parce que vous pensez qu’on a tous les deux des problèmes ? Je vous garantis que nous ne nous ressemblons pas autant que vous le pensez.
— Je sais. Et je vous assure que je n’ai pas l’intention de compatir avec vous. Je ne comprends pas vos démons, tout comme vous ne pourriez pas comprendre mon enfer personnel.
Ses yeux revinrent trouver les miens.
— Alors que voulez-vous ? s’emporta-t-elle.
Je pris une profonde inspiration qui ne calma absolument pas l’éternelle tempête qui me ravageait.
— Juste un peu de compagnie dans l’obscurité. Pas de questions. Pas de jugements. Pas de faux-semblants.

Chronique de Sandy Twi-Cops

Broché: 288 pages
Editeur: Collection Infinity
Collection: Romance Passion


lundi 10 février 2020

BRUTAL LOVE de Jewel E.Ann

Sorti le 10 février 2020

Résumé: Elle a tout quitté pour avoir un nouveau départ. Il aime sa vie de solitaire. Forcés de vivre ensemble, ils se détestent... Pour l'instant. Que se passe-t-il lorsque la vie s'arrête soudainement ? Lorsqu'un moment nous fait remettre en question toute notre existence ? Scarlet Stone est une voleuse de troisième génération qui a tout : un fiancé fou d'elle, un appartement spacieux à Londres et une offre d'emploi tout ce qu'il y a de plus légal. Jusqu’à ce que tout vole en éclat et qu’elle se retrouve en Géorgie à chercher le sens de la vie. Elle a besoin d'espace, mais tout ce qu'elle obtient à la place, c'est un colocataire qui ressemble à Thor et se comporte comme un gardien de prison. Le charpentier Theodore Reed est un perfectionniste assoiffé de vengeance et au corps taillé dans l'acier. Il n'aime pas avoir de la compagnie, et encore moins celle de filles aux accents britanniques. Avec le temps, ils découvrent que leur coexistence est toxique, leur attirance électrique et que la seule vérité qu’ils partagent c’est que tout n’est qu’un mensonge.
 « Plus de quatre-vingt-cinq pour cent de la population mondiale croient en une force supérieure, et pourtant très peu de personnes croient aux miracles. » Y croyez-vous ?

Mon avis: Lorsque j'ai commencé cette lecture, j'ai cru bêtement qu'il s'agissait d'une banale romance comme on en lit partout. Peut-être à cause de la couverture du livre, magnifique, mais basique, je ne sais pas. Pourtant, je n'aurais pas plus me tromper car ce livre recèle vraiment un part de poésie qui touche la lectrice que je suis.

Mais avant revenons un peu sur l'histoire. Scarlet n'a pas grandit dans un environnement comme tout à chacun. Elle a perdu sa maman très tôt et a vécu avec l'inconditionnel amour de son père, un voleur professionnel. Alors, logiquement, elle a suivi la voie de son père mais à son niveau. Pourtant, Scarlet n'est pas une voleuse comme les autres. Elle commet certes des actes illégaux mais elle essaie toujours de rétablir une certaine justice en donnant aux plus pauvres. Au fil des ans, la jeune trentenaire estime que sa vie est une réussite. Elle a un travail qui la passionne et doit très bientôt épouser l'homme de sa vie. Puis un jour tout bascule. Elle décide alors de quitter le pays et tenter de se recentrer. Grâce à sa rencontre fortuite dans l'avion avec Nolan, elle a désormais un toit sur sa tête pour les six prochains mois. Seul hic, elle doit partager ce logement avec un ours qui lui en fait voir de toutes les couleurs. 
Mais elle peut vivre avec, ce n'est que pour six mois, après elle s'en ira...

Bon, comme je le disais plus haut, j'ai été agréablement surprise par cette histoire, qui aurait pu être un coup de coeur si l'auteure n'avait pas apporté cette touche de fantastique inadaptée à mon goût, mais bon, je respecte le choix. 
Outre ce fait, le style d'écriture est fluide, l'histoire est bien menée avec cette petite touche de mystère qui entoure les héros et qui apporte une profondeur à cette romance et donne du coup, une nouvelle dimension au roman. Une dimension plus sombre, plus émouvante aussi et avec une petite touche d'humour bienvenue. 

Du côté des personnages, il y a bien évidement Scarlet. L'héroïne n'a rien de banal et au début du roman, je l'aurai même qualifié d'excentrique. Toutefois, plus le roman avance, plus l'auteure creuse et nous laisse découvrir un être vulnérable et fort à la fois. C'est vraiment une héroïne que j'ai pris plaisir à découvrir. Elle a du relief et des nuances, qui la rendent intrigante et agréable.
L'autre personnage est Theodore. Je suis restée volontairement vague à son sujet dans mon résumé, car Theo est un personnage qui doit rester mystérieux jusqu'à la lecture. Toutefois, je peux vous dire qu'il ne fera pas forcément l'unanimité auprès du lectorat féminin. Moi-même, j'ai eu beaucoup de mal à l'apprécier. Et même si j'ai appris à le faire au cours de ma lecture, il n'en reste pas moins un rustre auquel je ne pardonne pas certains actes. Outre cela, je dois préciser que Theo est, comme Scarlet, un personnage aux multiples facettes, nuances et reliefs qui est plaisant à découvrir au fil des pages. Pas mon personnage masculin préféré, mais il reste quand même attachant.

En bref, une romance qui m'a agréablement surprise par la profondeur que l'auteure donne autant à l'histoire qu'à ses personnages. On se laisse facilement entraîner dans leur histoire car au style fluide et plaisant de l'auteure. je regrette seulement que l'auteure soit partie dans le farfelu concernant certains faits, sinon ce roman aurait pu être un coup de coeur.

Mes extraits:
Je m’appelle Scarlet Stone. Je suis l’enfant la plus petite du terrain de jeux. Je donne des coups de pieds dans les boules des petites terreurs parce qu’ils ne me voient jamais venir. Mes facultés d’autodéfense : zéro. Mon temps au cent mètres : trente secondes. 
*** 
— Pourquoi ? demande-t-il avant que je ferme la porte de ma chambre.
Je me retourne mais les mots me manquent.
— Un autre gage de réconciliation ?
Il dit cela avec tant de dégoût.
Je tressaille alors que le ton de sa voix transforme chacun de ses mots en gifle.
— Je…
Je m’interromps et secoue la tête avant de reprendre :
— … je pensais qu’on pouvait être humains pour un soir.
— Humains ?
J’opine de la tête, me focalisant sur le sol qui nous sépare, me sentant bête. Un sourire nerveux fait trembler mes lèvres.
— Manger. Papoter de tout et de rien. Peut-être que je dis quelque chose qui te fait sourire. Peut-être que tu dis quelque chose qui me fait rire. Peut-être que la nourriture est mauvaise alors on boit beaucoup trop de vin. Peut-être que la pleine lune nous appelle sur la plage où nous marchons dans l’ombre de la nuit. Peut-être que tu me dis quelque chose sur toi. Peut-être est-ce un mensonge et peut-être que ce n’est rien parce que nous allons tous les deux prendre des chemins différents dans quatre mois. Mais peut-être… seulement peut-être pour une nuit, on pourrait se sentir humains.

Chronique de Sandy Twi Cops

Broché: 446 pages
Editeur: Collection Infinity
Collection: Romance passion


vendredi 6 septembre 2019

SE RECONSTRUIRE, T1, Revivre enfin de Maria MacDonald

Sorti le 1 août 2019 (ebook)

Résumé: Je connais mon âme soeur, ma meilleure amie, ma soeur depuis toujours. Ni la distance ni le temps ne pourront changer cela. Même alors que j’errais péniblement dans une vie sans saveur, la solitude et l’isolement me collant aux semelles. Elle a toujours été mon Étoile du Nord. Maintenant, je sais que je vais la perdre – mon âme soeur – et je vais devoir apprendre à m'appuyer sur le seul homme que j’ai aimé de toute ma vie. Celui qui m’a repoussée... simplement pour survivre. La vie dont je rêvais auparavant a été noyée par un océan de regrets. Des personnes de mon passé apparaissent dans mon présent dans l'espoir de rester dans mon futur. Chaque jour, je puise ma force dans mon histoire. Je dois apprendre à revivre enfin, à retrouver l’espoir et à aimer à nouveau. Elle veut que je fasse confiance à cet homme. Il veut une nouvelle chance. Je veux simplement la force de commencer une nouvelle vie. Tout ce que je dois faire maintenant, c’est le grand saut... et avoir un peu confiance en moi.

Mon avis: C'est vraiment par hasard que je suis tombée sur ce livre... que je ne comptais pas forcément lire. Mais étant en manque de lecture et en vacances, je me suis quand même laissée tentée. Est-ce que je regrette? Non, car Maria MacDonald nous offre une très jolie histoire, très émouvante malgré un début très long à démarrer. 

Revivre enfin nous raconte l'histoire d'Anabel, une femme d'une trentaine d'année malheureuse dans un mariage que l'on pourrait considérer d'abusif. Bien que Keith ne l'ait jamais touché physique, il a tout simplement détruit sa confiance en elle et son envie de vivre. Puis un jour, sa meilleure amie, sa soeur, son âme-soeur lui annonce qu'elle revient vivre auprès d'elle, lui apportant la force de se battre pour avoir une meilleure vie. Quitter son mari, prendre soin d'elle à nouveau. S'ajoute à ce nouveau bonheur, le retour de Danny, l'homme qui lui a brisé le coeur des années plus tôt, sans savoir que la quitter lui brisait son coeur à lui-aussi. 
Danny quant à lui, a besoin de revenir dans sa ville natale pour enfin oublier Bel sans savoir que la revoir lui donnerait la force de la reconquérir. Avec Ruben, son ami d'enfance et Amanda la meilleure amie de Bel, ils forment le quatuor parfait à nouveau... Mais pour combien de temps?

Si ce roman n'est pas un coup de coeur, l'unique raison viendrait de la longueur du début de romance. Et même si je comprends que l'auteur a besoin de temps pour mettre en place l'histoire d'Anabel et Danny, je regrette qu'elle ait fait le choix de la double narration qui apporte plus de lourdeur au récit que de réponses et c'est dommage car l'histoire en elle-même est tellement belle. 

Je me suis immédiatement prise d'affection pour Bel et le mal-être qui la plonge dans un état de faiblesse. Je l'ai trouvé forte et déterminée même quand elle subissait les pires épreuves de la vie. J'ai beaucoup aimé que l'auteure prenne en considération son passé et ne la jette pas dans les bras de Danny aussitôt sa liberté retrouvée.
J'ai aimé aussi que Danny la laisse respirer et lui laisse le temps de réapprendre à elle-même. 
Mais j'ai surtout eu un coup de coeur pour Amanda. Cette jeune femme est une force de la nature, pleine de vie et d'humour. On sent l'impact qu'elle a eu sur la vie de Bel et cette Sromance (ouais j'ai inventé un mot parce qu'il n'y a pas de féminin pour Bromance) est l'une des plus belles que j'ai pu lire. 

En bref, une magnifique histoire qui parle d'amitié, d'amour, de maladie, de reconstruction. Tout n'est pas parfait malheureusement, notamment à cause des longueurs du début ou encore de la traduction qui laisse parfois à désirer, mais j'ai quand même passé un bon moment de lecture et je ne manquerais pas de lire la suite qui sera sur Ruben.

Mes extraits:
— Anabel, où est ma putain de bière ? entends-je mugir à travers la maison.
J’utilise le terme « maison » vaguement, c’est plus une hutte délabrée. Elle avait appartenu aux parents de Keith avant qu’ils meurent. Maintenant, je suppose que c’est la nôtre – enfin, la sienne.
Je me sens glacée et j’enroule mes bras autour de moi alors que je baisse la tête, en observant les bulles dans l’évier, les regardant lentement éclater dans l’eau sale. Tremblante, je me demande comment ma vie a pu devenir ainsi, et si je serai un jour comme l’une de ces bulles et éclaterai, cessant simplement d’exister.
— Je dois venir la chercher moi-même ? crie-t-il encore.
Je m’exécute, ne séchant même pas mes mains avant d’ouvrir le réfrigérateur pour prendre sa bière, courant pratiquement pour la lui amener aussi vite que possible. La maison est minuscule, alors ce n’est pas très loin, c’est plus la punition que je subirai si je n’agis pas rapidement qui me fait courir.
— La voilà, dis-je tout bas en lui tendant la bière.
Il ne lâche même pas la télévision des yeux.
— Il était temps, dit-il entre ses dents serrées. As-tu déjà fait la vaisselle ? Je t’ai dit de laver ma voiture aussi, n’oublie pas.
***
Mes doigts se promènent sur le cliché qui montre un groupe de jeunes gens insouciants à l’extérieur du magasin. Mon doigt s’arrête lorsque j’arrive sur son visage. Elle était jolie, alors. Je n’ai aucune idée de ce à quoi elle ressemble aujourd’hui. Elle a probablement des enfants – des petites filles qui ont ses yeux et son sourire, avec de longues tresses blond vénitien, un peu plus foncé que les cheveux de leur mère. Des petits garçons avec son drôle de sens de l’humour. J’espère simplement qu’elle a tout ce qu’elle désirait. Elle méritait d’être traitée comme une reine. C’est l’une des raisons pour lesquelles je suis parti. Pour la laisser « être ». Nous devenions trop proches – plus proches que ce qui était juste –, alors j’ai dû me retirer. Je claque la paume de ma main sur mon front, tandis qu’une douleur se répand dans ma poitrine.
— Reprends-toi Danny, me dis-je à moi-même. Il est temps de laisser partir le passé.

Chronique de Sandy Twi-Cops

Ebook: 1340KB
Editeur: Juno Publishing


vendredi 2 août 2019

LOVE CRESCENDO de Tillie Cole

Sorti le 10 juillet 2019

Résumé: Lorsque Cromwell, 19 ans, est derrière ses platines, les corps se pressent, la fièvre monte. Personne ne lui résiste. Jusqu’à la fille dans la robe violette. Ce soir-là, Bonnie est venue voir l’ex prodige du classique qui lui a inspiré sa passion. Son verdict tombe, implacable : la musique de Cromwell n’a plus d’âme. Cromwell n’aurait pas dû se laisser atteindre. Pourtant, les paroles de Bonnie rallument en lui l’étincelle de quelque chose qu’il croit mort depuis longtemps. Alors, quand le destin les force à travailler ensemble, leur attirance mutuelle les rapproche, leurs sentiments se font plus forts. Et, malgré les secrets qui pourraient leur briser le cœur, jour après jour, leur amour va crescendo…

Mon avis: Je ne vous cache pas que si je n'avais pas vu que l'auteure était Tillie Cole, je n'aurais pas lu ce livre. Et je serais passée à côté d'un coup de cœur. Comme quoi, il ne faut pas toujours juger un livre à sa couverture ou à son résumé. 

Love crescendo, c'est l'histoire bouleversante de Cromwell, un jeune homme de 19 ans, célèbre dans le monde de la nuit pour ses talents de DJ, mais pas que. C'est aussi un amoureux de la musique qui s'est perdu dans sa colère et son chagrin, et qui rejette totalement le don qui fait de lui un maître de la symphonie. Cromwell ne joue pas, il ressent, voit et vit les sons qui l'entoure. On appelle cela la synesthésie. Chaque son produit a un goût, une couleur, ce qui lui permet de l'assembler pour créer la musique parfaite. Toutefois cette perfection a un coût que le jeune refuse de subir. Il aura fallu qu'il croise la route de Bonnie, pour qu'il ressente à nouveau l'étincelle de sa passion. Pour qu'il ait envie de redonner une âme à sa musique. Le voilà donc parti aux Etats-Unis dans une école spécialisée dans les arts, assis dans la classe du célèbre Pr Lewis, où il retrouve Bonnie. L'attirance entre eux va crescendo mais entre les états d'âmes de Cromwell et le lourd secret de Bonnie, aucun d'eux ne sortira indemne de cette histoire.

Quelle histoire magnifique que nous offre Tillie Cole. J'ai beau connaître la plume de l'auteure, elle continue à me surprendre, à m'émerveiller, me faire ressentir des émotions fortes. Tillie Cole a vraiment un don pour écrire des histoires qui ne nous laisse pas indemnes et qu'on a du mal à oublier. Ses textes sont travaillés, ses thèmes approfondis, ses personnages intenses.
J'ai ressentis mille émotions avec Love Crescendo, j'ai vu la musique, j'ai entendu la détresse de Cromwell et Bonnie.

Une chose est sûre, je ne suis pas prête d'oublier Cromwell et Bonnie. Je suis tombée amoureuse de leur histoire. Une histoire triste mais aussi qui véhicule un message d'espoir. Je dois bien avouer que j'ai eu du mal à m'attacher à Cromwell car au début du livre, il est détestable. Il s'est construit une forteresse autour de lui afin de ne rien ressentir. Puis il évolue au contact de Bonnie. Une situation bateau me direz-vous, et je suis totalement d'accord, mais encore une fois, c'est tellement bien écrit qu'on comprend qu'il ait besoin de cette aide extérieure pour voir le monde en couleur à nouveau. Ce que j'ai le plus aimé chez lui, c'est qu'il vit chacune de ses émotions. Colère, rancoeur, amour, tout est vécu à 100%. 
Bonnie quant à elle, je n'ai eu aucun mal à l'aimer. Douce, naturelle, altruiste, mais aussi déterminée à atteindre l'objectif qu'elle s'est donné. 

En bref, une histoire émouvante, bouleversante, haute en couleur. J'ai découvert un nouveau monde à travers les yeux de Cromwell, et mon coeur s'est brisé avec celui de Bonnie, mais je ne regrette pas une seule seconde d'avoir lu cette magnifique romance.

Mes extraits:
— Ta musique n’a pas d’âme, a-t-elle répliqué.
Ses mots m’ont transpercé le ventre comme une lame. J’ai essayé de l’ignorer, de retrouver ma torpeur chronique. J’ai aspiré une bouffée de cigarette.
— On te décrit comme un dieu du podium, mais ta musique n’est qu’un enchaînement de rythmes synthétiques et de tempos banals.
J’ai éclaté de rire.
— C’est de l’électro, lui ai-je rappelé. Je suis DJ, pas un orchestre symphonique. Tu t’attendais à quoi ? À du Mozart ?
Je me suis surpris moi-même. Je n’avais pas aligné autant de mots depuis longtemps.
***
Je suis passée devant une première salle, déjà occupée. Des notes de piano s’en échappaient, résonnant dans le couloir. J’ai posé mon sac par terre et j’ai écouté la mélodie. J’ai fermé les yeux, un sourire jusqu’aux oreilles. La musique me transcendait, me traversait jusqu’aux os. Rien ne me rendait plus heureuse que d’entendre jouer d’un instrument avec talent. J’adorais tous les instruments, mais le piano me touchait particulièrement, sans doute parce que je ne parviendrais jamais à le maîtriser comme la personne qui jouait à ce moment précis.
La musique s’est arrêtée. J’ai ouvert les yeux. Le son du piano a été remplacé par un violon. J’ai essayé de reconnaître le morceau, le compositeur, en vain. C’était une composition originale.
Le violon a été remplacé par la clarinette. J’ai écouté cette personne jouer pendant de longues minutes, jusqu’à ce que le couloir soit plongé dans le silence.
Curieuse, j’ai fixé du regard la porte fermée. Les rideaux étaient tirés, m’empêchant de voir à l’intérieur. Le piano a repris, mais ce morceau était différent du précédent. La mélodie était sombre, grave. Triste. Ma gorge s’est nouée. J’ai posé une main sur la poignée, mais je ne l’ai pas tournée. J’ai remarqué qu’il y avait un espace entre le rideau et la porte, dévoilant l’identité du musicien.
J’avais assisté à de nombreux concerts dans ma vie, mais aucun n’était comparable à ce moment. J’ai observé ses doigts, qui dansaient sur les touches comme des oiseaux sur un lac. Ses bras tatoués. Son tee-shirt blanc. Ses piercings.
Une larme a dévalé sa joue mal rasée, s’écrasant sur le clavier du piano qui exprimait sa douleur et ses regrets. J’avais l’impression de voir Cromwell pour la première fois. Son arrogance et sa colère s’étaient envolées. Le bouclier était tombé.
Il était magnifique.

Chronique de Sandy Twi-Cops

Broché: 352 pages
Editeur: Hachette 
Collection: Hors collection



lundi 25 mars 2019

LES MONDES DE SAM de Keith Stuart

Sortie du 13 Mars 2019

Résumé : Sam a huit ans, et ce n’est pas un garçon comme les autres. Il est même hors du commun : autiste, c’est comme ça que ça s’appelle. Son père peine à tisser un lien avec lui, et son mariage ne résiste pas à cette épreuve. Alex atterrit donc sur le canapé de son meilleur ami. Alors qu’il renoue avec sa vie de célibataire, et découvre les joies de la garde alternée, son fils se lance dans un nouveau jeu vidéo : Minecraft. Grâce à son imagination, Sam donne naissance à un monde parallèle qu’il peut partager avec son père. Sur les ruines du passé, ils construisent ensemble un avenir radieux.

Inspiré de la relation de Keith Stuart avec son fils autiste, ce livre émouvant, drôle et incroyablement juste, est un hymne à la différence.

Mon avis : J’ai quand même hésité avant de choisir ce livre, non pas que le sujet me dérange puisqu’il fait partie de ma vie. En effet mon filleul est autiste, lui par contre ne parle pas, ne sait pas écrire, ne sera jamais scolarisé comme les autres enfants et ne s’intéresse à rien. Pour ma sœur et mon beau-frère c’est un combat quotidien contre le système, ce qui fait que je me tiens éloigné de ce genre de livre qui concerne bien souvent des autistes scolarisés ayant malgré tout une interaction avec leur entourage. Mais cette fois la curiosité a été plus forte, et j’avoue m’être dit « tient ça pourrait peut-être marcher ». Alors hormis le fait que Sam n’est pas mon filleul, j’ai retrouvé des émotions et des comportements communs.
L’auteur a même réussi à me tirer des larmes, car malgré les difficultés que rencontre Sam, on ne peut qu’être émue face à ses réactions et surtout face à ses victoires. « Les mondes de Sam » est un livre sur la famille, les différences et la tolérance. En plus d’être touchant et émouvant, il est plein de justesse et de réalisme.
Le point de vue est entièrement masculin, puisque le narrateur principal est Alex, le papa de Sam. On va le voir impuissant face au regard et à l’agissement des autres enfants, comme on va le voir grandir et accepter le handicap de son fils.

Alex est courtier en prêt immobilier, il s’investit énormément dans son travail, travaillant tard le soir et parfois même les week-ends. Il n’est presque jamais à la maison et quand il est là, il s’engueule avec sa femme, Jody. C’est donc après une autre dispute que Jody met Alex à la porte de leur maison. Il part se réfugier chez son meilleur ami, Dan.

Le samedi arrive et Alex doit emmener Sam au parc, ce qui l’angoisse car il ne sait jamais quelle réaction aura Sam. Et Alex a autant peur de l’autisme que de son fils. Mais alors qu’ils sont au café pour boire un lait mousseux, Sam annonce à son père qu’il a une Xbox et qu’il joue à Minecraft. Alex n’est pas sûr que ce soit une bonne idée de l’abrutir devant des jeux vidéo. Mais bon, Sam semble enfin intéressé par quelque chose.

Alors qu’Alex va perdre son travail, Jody va en trouver un, et elle va lui demander de gérer Sam quelques soirs par semaine après l’école. Et c’est au fil de ces moments père/fils, qu’Alex va s’intéresser à Minecraft. Avec Sam, ils vont se créer un monde et apprendre à communiquer. Ils vont se rapprocher et Alex va enfin comprendre son fils. Mais il va devoir aussi convaincre Jody qu’il a changé et qu’il veut faire partie intégrante de leur vie.

Alex parviendra-t-il à trouver sa place dans le monde de Sam ?
Réussira-t-il à reconstruire sa famille et sa vie professionnelle ?

Au niveau des personnages, il y a Dan, le meilleur ami d’enfance d’Alex. Il va l’accueillir chez lui à bras ouvert et lui laisser le temps de se reconstruire alors que lui aussi cache un mal-être. Emma, la sœur d’Alex, qui revient après avoir passé plusieurs années à voyager. La fuite c’est de famille … mais ce retour permettra à tout le monde de remettre les pendules à l’heure. Matt et Clare sont des amis du couple et ils ont quatre enfants en bas âge. Ils vont eux aussi traverser une crise mais Alex sera là pour les aider tout comme Clare sera présente pour lui et son projet professionnel. Et puis il y a Olivia, une amie de Sam. C’est l’une des rares enfants qui peut l’approcher. Et Minecraft va les rapprocher un peu plus.


* Alex est un papa dépassé par ce qui lui arrive. Alors oui ses réactions nous font bondir et on a envie de le secouer pour le faire réagir. Pour lui Sam est défini par l'autisme et il en oublie son fils. Mais au fil des pages, on se rend compte qu'il ne sait pas comment réagir face à ses crises, qu'il ne comprend pas le monde de Sam mais que malgré tout il l'aime. Et c'est grâce à Minecraft qu'Alex va ouvrir les yeux et enfin voir son fils comme un enfant de huit ans. 

* Jody est une maman qui ne travaille pas et qui passe son temps à jongler entre les crises de violence, les insultes et la colère de Sam puisque son mari est toujours absent. Un jour elle craque et le met à la porte. Elle trouve un job et prend du temps pour elle quand Sam est avec son papa. Mais grâce à ça, elle va redécouvrir son mari et son fils.

En résumé, un livre émouvant, réaliste et juste qui réussi à nous faire sourire tout en nous tirant quelques larmes. « Les mondes de Sam » peut donner de l'espoir uniquement aux familles qui ont un enfant autiste de même catégorie que Sam ...

*** Merci aux éditions Milady pour cette lecture***

Mes extraits :
Et oui, c’est un soulagement d’obtenir un diagnostic. Enfin, une étiquette ! Quand il hurle et se débat sur le chemin de l’école ; quand il se cache sous la table au restaurant ; quand il refuse de faire un câlin ou de reconnaître toute autre personne que Jody, c’est l’autisme. C’est la faute de l’autisme. J’ai commencé à voir l’autisme comme une sorte d’esprit malveillant, un poltergeist, un démon. Parfois, c’est comme si je vivais dans L’Exorciste. Certains jours, je ne serais pas surpris que sa tête se mette à tourner à trois cent soixante degrés pendant qu’il vomit un truc vert à travers la pièce.
Au moins, je pouvais dire : « OK, c’est l’autisme… et pour faire partir ce machin vert, il suffit de le frotter avec un peu d’eau chaude. » Mais les étiquettes, ça ne résout pas tout. Ça ne t’aide pas à dormir, ça ne fait pas disparaître ta colère ou ta frustration quand ton gamin te jette un objet à la figure ou casse quelque chose. Ça ne t’empêche pas de t’inquiéter pour ton enfant et son avenir, sur ce qui lui arrivera dans dix, vingt, trente ans. À cause de l’autisme, ce n’est pas « Jody et moi », c’est « Jody, moi, et le problème de Sam ». C’est ce que je ressens. Mais je ne peux pas le dire. C’est tout juste si je m’autorise à le penser

*** ***
J’ai l’impression que mon cœur va exploser. Comme un feu d’artifice d’amour et de fierté. Je me tourne vers Jody pour lui parler, mais je suis incapable de prononcer un mot.
C’est pour ça que c’est difficile. Parce que la vie est extraordinaire et qu’elle signifie quelque chose, et que ces choses sont coûteuses. Il faut être patient, préparé et fort. Pendant une longue partie de cette aventure, j’ai été stupide. J’ai vu Sam comme un obstacle, que je devais contourner. Mais c’était une erreur. Sam était le guide. Sam était mon guide depuis le début.

Chronique de Coco Tessie-cops
Poche: 425 pages
Éditeur : Milady
Collection : Milady Feel Good Books

mardi 12 février 2019

ALASKA WILD K.A TUCKER

Sorti le 7 février 2018

Résumé: Calla Flectcher avait tout juste 2 ans quand sa mère a quitté l’Alaska, fuyant la vie trop rude, et laissant derrière elle le père de Calla. Calla a aujourd’hui 26 ans et mène une vie bien remplie à Toronto. Lorsqu’elle apprend que les jours de son père, très malade, sont peut-être comptés, elle entreprend le voyage jusqu’à son village natal. Elle va alors découvrir le quotidien « à la dure » , les journées qui comptent peu d’heures de clarté, les nuits à la belle étoile… Elle va en profiter pour mieux connaître son père, à qui elle tient beaucoup malgré les erreurs qu’il a commises. Tandis qu’elle tente de s’adapter à ce nouvel environnement, Jonah – le pilote fier, débraillé et détestable qui l’aide à maintenir la compagnie d’hydravions de son père opérationnelle, a clairement hâte de renvoyer cette fille de la ville chez elle, persuadé qu’elle n’est pas du tout faite pour survivre à la rudesse de l’Alaska. Jonah a sûrement raison, mais Calla est déterminée à lui prouver le contraire. Elle va rapidement créer un lien très fort et inattendu avec le pilote : de l’amitié, ou peut-être quelque chose de plus profond ? Mais Calla ne compte pas rester en Alaska et Jonah ne compte pas partir. Va-t-elle, comme sa mère bien des années plus tôt, laisser une chance à cette histoire ?

Mon avis: K.A Tucker est une auteure que j'apprécie beaucoup, autant par l'écriture que par les thèmes qu'elle aborde toujours avec justesse. Autre chose que j'aime énormément dans ses romans, c'est la manière dont elle aborde les relations entre les personnages. Jamais de fioritures, toujours avec douceur, sans jamais en faire trop. Je sais alors que je passerai un excellent moment avec ses romans, peu importe l'histoire car elle leur donne une âme qui parvient à me toucher. 

Alaska Wild ne fait pas exception. Je dois avouer que je me suis lancée dans l'histoire sans avoir lu le résumé et je ne m'attendais pas à ce que le sujet abordé me touche autant.
Pour Calla, tout commence le jour où sa mère quitte l'Alaska avec elle sous le bras afin de faire réagir son père. Pourtant, malgré l'espoir d'avoir un jour une relation père-fille, les années passent et Calla finit par abandonner au point de cesser tout contact avec lui à l'âge de quatorze ans après une énième déception. Douze années passent sans qu'elle n'y pense, puis un soir, après avoir été virée de son job, elle reçoit un coup de fil d'Agnès, une amie de son père, lui annonçant que celui-ci a un cancer du poumon. Calla n'est plus que colère et ressentiments envers cet homme qui n'a jamais été un père pour elle et se refuse d'aller le voir. Ce n'est seulement qu'après quelques heures passées en compagnie de sa meilleure amie, après avoir vu son petit ami flirter avec une autre et un discussion avec son psy de beau-père, qu'elle décide de finalement partir et laisser une chance à Wren. L'arrivée en Alaska est rude pour la princesse citadine et frivole mais au fil des jours, Calla se rend compte qu'elle a finalement bien plus à perdre dans cette contrée hostile: son coeur.

Je viens à peine de terminer ce livre et je peux vous assurer qu'il est super difficile de poser des mots sur ce que je ressens, alors je vais essayer d'être assez cohérente pour que vous compreniez à quel point cette lecture m'a prise aux tripes, car cette histoire est émotionnellement très rude. J'ai énormément pleuré et pourtant, je ressors de cette histoire avec le sentiment d'avoir lu un roman extraordinaire. Tout le mérite en revient évidement à K.A Tucker qui a su trouver les mots justes, mais aussi doser les moments intenses avec les moments frivoles. Alors même si j'ai beaucoup pleuré, j'ai aussi beaucoup ri, mon coeur s'est gonflé d'amour et j'ai eu pas mal de papillons dans le ventre avec Jonah. 

Tiens parlons-en des personnages. Je suis toujours époustouflée de voir cette auteure insuffler autant de vie dans les siens. Calla, Jonah, Susan, Wren, Simon ou encore Agnès pour ne citer qu'eux, chacun possède sa propre personnalité, sa propre essence, mais au contact des uns des autres, ils créent alors une énergie nouvelle. 
J'ai vraiment pris plaisir à m'attacher à chacun d'entre eux, même Calla qui est pour le moins insupportable au début du livre. 

Calla, l'unique narratrice, est, disons le franchement, une princesse frivole qui n'a jamais manqué de rien. A 26 ans, elle vit toujours chez sa mère et son beau-père, ne fait pas les tâches ménagères hormis sortir les poubelles une fois par semaine, et l'argent qu'elle gagne elle le dépense en maquillage, fringues ou sorties. Alors quand elle arrive en Alaska, c'est le choc. Ce n'est qu'au contact de la population et principalement Jonah, qu'elle va commencer à changer. Mais pas radicalement, non! K.A Tucker fait cela subtilement et surtout prend son temps pour rendre ce changement crédible. 

Après il y a évidement Jonah, la pierre d'ancrage de Calla. A 31 ans, Jonah est un peu l'enfant chéri du pays... sauf avec Calla. Entre eux, ce n'est pas le coup de foudre mais la guerre dès le premier regard. Elle est tout ce qu'il déteste et surtout il ne comprend pas pourquoi elle ne fait pas plus d'effort avec Wren qu'il considère presque comme un père. Au fil des jours, une relation de "je t'aime moi non plus" s'installe, un jeu subtil de séduction à coup de pics et de blagues qui risque de faire ressortir le pire de Calla mais aussi le meilleur.

Je pourrais en dire tellement plus mais ce serait vous gâcher le plaisir de cette 
lecture qui aura été pour moi le premier coup de coeur de cette année. 

Mes extraits:

– Seigneur, gémis-je. Je me sens mal…
– Détendez-vous. C’est rien.
Mon corps entier est en sueur.
– Non, c’est pas ça… je vais être malade…
Il jure furtivement mais je l’entends tout de même.
– Retenez-vous, on sera à terre dans cinq minutes.
– J’essaye, mais…
– Vous n’allez pas vomir ici !
– Parce que vous croyez que j’en ai envie, peut-être ?
Je lutte pour maintenir le sac plastique en place. De toutes les choses que je crains, vomir est la pire. Et en plus, il va falloir que ça soit assise derrière cet espèce de salopard.
Jonah jure dans sa barbe.
– Bordel, six pilotes de dispo pour venir vous chercher et il a fallu que ça tombe sur moi !
Je ferme les yeux et colle le front contre le hublot. Même avec les remous dans l’air, la froideur du verre me calme un peu.
– « Ne vous en faites pas, Calla », « C’est pas bien grave », récité-je en râlant. Si vous étiez un type bien élevé, c’est ce que vous me diriez.
– On m’a chargé d’amener vos fesses de petite princesse jusqu’à Bangor, pas de cajoler votre ego.
Mon ego ? Une petite princesse ? Mes yeux lui fusillent l’arrière du crâne. Bas les masques, fini la politesse.
– Est-ce que mon père sait que vous êtes une belle enflure ?
***
– L’addition est salée, hein ? En tout cas Calla, profitez-bien de votre séjour en Alaska. Et méfiez-vous, ajoute-t-elle avec un mouvement du menton vers Jonah. Vous risquez de tomber sous le charme de celui-là et de ne plus jamais vouloir partir !
Je lui retourne une réplique pleine de sarcasme.
– Oh oui, je lutte vraiment de toutes mes forces pour ne pas succomber.
Bobby incline la tête, l’air de ne pas saisir. Ma mâchoire se décroche :
– Oh mon Dieu… mais vous êtes sérieuse, en plus ?
Un étrange gloussement quitte ses lèvres fines.
– Jonah, renvoie-moi mon mari dès qu’il a fini son service, tu veux ? C’est une vraie pipelette quand il s’y met et il va encore rentrer à pas d’heure !
Jonah lui adresse un clin d’œil sans enthousiasme et soulève les courses. Les muscles de son bras sont visibles sous sa chemise.
– Sans faute, Bobby.
Mon bouquet de fleurs quasi fanées à la main, je m’élance derrière lui, sentant les regards des clients dans mon dos. Je ne peux réfréner plus longtemps ma question :
– Si pour Bobby vous êtes un charmeur, je me demande ce qu’elle considère être un trouduc ?
– Tournez la tête et vous verrez.
Je suis le mouvement de son menton : une fenêtre avec mon reflet dedans. Il faut bien l’admettre, il a le sens de la répartie.

Chronique de Sandy Twi-Cops

Broché: 478 pages
Editeur: Hugo Roman
Collection: New Romance