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lundi 27 novembre 2023

THE WAY I USED TO BE, T1 d'Amber Smith

 Sorti le 2 novembre 2023

New Adult / Drame

Résumé: "Les quatorze années précédentes n'ont été qu'une répétition générale pour me préparer à bien la fermer maintenant." Une nuit, le monde d'Edie bascule et ses certitudes volent en éclats. Une nuit où le meilleur ami de son frère la viole et la laisse anéantie. Alors Edie enterre au plus profond de son être celle qu'elle était. Les amies, les mecs, plus rien ne pourra jamais être comme avant. Désormais, elle prendra tous les matins le chemin du lycée les poings serrés et les yeux secs.

Mon avis: Avant de commencer, juste petite mise en garde avec ce roman. Les thèmes abordés sont très durs et peuvent heurtés la sensibilité de certains lecteurs. 
En effet, ce roman raconte la terrible histoire d'Eden qui a subi un viol à l'âge de quatorze ans par le meilleur ami de son frère. Nous allons la suivre pas à pas, voir comment elle va continuer à vivre après cette épreuve. 

Et sincèrement, ce roman est une vrai claque. Je l'ai commencé vers 21h et je n'ai pas réussi à le poser avant de le terminer ... au petit matin! Au début, j'ai été un peu déstabilisée, car je ne m'attendais pas à ce qu'on suive Eden de l'instant T jusqu'au dénouement, mais finalement, c'était la juste chose à faire. Du coup, ce livre se décline en quatre parties: les années de troisième, seconde, première et terminal. Quatre années où l'on voit Edie souffrir en silence. J'ai tellement souffert avec elle, c'était horrible. 
L'autrice a su poser les mots justes pour faire comprendre qu'être victime de viol, c'est aussi la peur de ne pas être crue, c'est la honte et le dégoût de soi qui vont avoir des répercussions sur le comportement au quotidien sans que personne ne comprend le pourquoi du comment. 
J'ai trouvé ce roman tellement juste et beau malgré toute l'horreur qu'il véhicule.

Et puis Eden! Bon sang, j'ai été anéantie avec elle. Cette innocence volée par une ordure qui n'a aucun scrupule. J'ai ressenti chacune de ses émotions, c'était tellement dur. Et pourtant, à travers cette histoire, à travers cette héroïne, l'autrice démontre aussi à quel point toutes ces victimes ont une résilience incroyable. Alors oui, souvent les gens se posent la question: pourquoi n'a-t-elle rien dit avant? Je pense que ce livre est une belle réponse. Chacune vit ce drame comme elle le peut et rien n'est évident. 
Eden a choisi l'autodestruction et sans le savoir. Elle se referme sur elle, sabote ses relations amicales et amoureuses car elle ne veut plus perdre le contrôle. Elle a vécu ce viol comme un échec, ne pas avoir su repousser, crier ou agir contre ce monstre. Elle veut être maîtresse d'elle-même mais ne s'aperçoit pas qu'elle se fait du mal.
Josh aurait pu être sa bouée de sauvetage. Il a été le seul à persévérer, à essayer de briser sa carapace mais face à la puissance de l'auto destruction d'Edie, il a fini par baisser les bras. Alors oui, j'ai été déçue car j'aurai aimé qu'il y arrive mais romancer le calvaire de la jeune femme ne lui aurait pas rendu justice. 

Bref, je vais m'arrêter là mais sachez que je pourrais parler de ce roman pendant très longtemps encore. Donc je vous invite simplement à lire ce roman qui a été THE coup de coeur de cette année. En attendant, je vais aller lire la suite en VO car j'espère qu'Eden aura une suite qu'elle mérite.  

Mes extraits:
 Il est entré dans ma chambre. Il était deux heures quarante-huit, j’ai regardé mon réveil, et à deux heures cinquante-trois, c’était terminé.
 Mais ce n’est pas toute la vérité.
 Cinq minutes. Trois cents secondes, rien de plus. Cela peut sembler peu ou beaucoup, en fonction de ce qui se passe. Vous appuyez sur le bouton « snooze » de votre réveil et vous vous rendormez cinq minutes de plus – ce n’est rien du tout. Mais si vous devez faire un exposé devant votre classe et que tous les yeux sont rivés sur vous, ou si on vous pose un plombage à cause d’une carie, cinq minutes, ça peut paraître très long. Ou mettons que vous soyez humilié ou torturé par quelqu’un en qui vous aviez confiance, quelqu’un avec qui vous avez grandi, quelqu’un que vous aimiez, même… Cinq minutes, ça représente une éternité. Cinq minutes c’est le restant de votre putain de vie entière à la con.

Chronique de:

Broché: 416 pages
Editeur: Gallimard Jeunesse


mardi 25 février 2020

LES MILLE VISAGES DE NOTRE HISTOIRE, de Jennifer Niven

Sorti le 7 février 2019
Résumé : Tout le monde croit connaître Libby Groby, pourtant, personne ne s'est jamais intéressé qu'à son obésité.
Elle a longtemps vécu recluse dans sa chambre, cachant son corps et ses angoisses. Cette année, sa vie peut changer : Libby s'est inscrite au lycée.
Tout le monde croit connaitre Jack Masselin : étudient rebelle, sexy... aux réactions imprévisibles.
Sous son arrogance, Jack a enfoui un secret douloureux.

Mon avis : Quoique abordant des sujets qui sortent de l’ordinaire pour de la YA, ce roman ne m’a, je l’avoue, pas transportée. L’écriture de l’auteure est assez simple, plutôt fluide quoiqu’un peu « cassé » par le rythme des chapitres qui s’enchaînent très (un peu trop) vite à mon goût.
Libby est une jeune fille obèse, qui a pris énormément de poids à la mort de sa maman, jusqu’à ne plus pouvoir sortir de sa chambre. Un événement malheureux arrivé à cette époque l’a ainsi fait connaître comme « plus grosse ado d’Amérique ». Elle retourne au lycée après avoir été déscolarisée plusieurs années
Jack est quant à lui atteint d’un handicap qui fait qu’il ne reconnait aucun visage, jamais, pas même le sien. Il est tout de même très apprécié au lycée, et fait partie des élèves « populaires ».
Ce roman est à deux voix, chose que j’apprécie beaucoup habituellement, et ce livre n’a pas fait défaut puisque j’aime bien savoir ce que pense chacun des personnages. 
Bon, cela posé, on peut bien voir que cette romance n’a vraiment rien de banal. Cependant, j’ai trouvé que ces sujets n’étaient pas abordés avec toute la délicatesse qu’il le méritait. Alors, en même temps, j’ai apprécié les appels à l’acceptation de soi et au pardon que cela induisait, mais je ne sais pas, cela m’a paru un peu forcé. Les mots et actes de « bodyshamming » m’ont semblé effectivement très actuels, qui montrent j’en suis sûre la réalité de beaucoup trop de personnes moquées pour leur poids ou handicap, mais cela m’a tout de même semblé un peu maladroit…  
Les intrigues et personnages secondaires ne m’ont pas paru suffisamment aboutis, comme en ce qui concerne les parents de Jack, le père de Libby ou le petit frère de Jack. Il m’a vraiment manqué quelque chose dans ce roman. Il me paraît finalement assez plat, sans grande surprise. C’est dommage, car vu l’épaisseur du roman, je me serai attendue à au moins un retournement de situation, mais que nenni. J’ai un peu ramé pour le terminer, alors que de prime abord, il me tentait beaucoup, mais le manque de suspens a fait que ce roman ne m’a pas tenu en haleine…
Bref, le gros point positif que j’ai trouvé à ce roman, et que je vais retenir pour cette lecture, est le fait d’aborder ces « problèmes » qui ne devraient justement pas être qualifiés comme tels. Ce livre montre des vrais personnages, qui sont humains, vivants, et veulent tout simplement vivre comme ils l’entendent, et ont des secrets, comme à peu près tout le monde ! 

Mes extraits : 
« On ne peut pas disputer les combats des autres à leur place tu sais, même quand on en meurt d'envie. »

« Franchement, j’ai perdu ma mère, j’ai failli me tuer en bouffant, on a dû abattre un mur pour me sortir de chez moi, sous les yeux de tout le pays, j’ai dû endurer je ne sais combien de régimes, d’exercices physiques et le regard réprobateur de la nation entière, j’ai reçu des mails haineux de parfaits inconnus... […] Alors je vous pose la question : sincèrement, qu’est-ce qui peut bien m’arriver de pire au lycée ? »
Chronique de Lilice TwiCops

Poche : 496 pages
Editeur : Gallimard Jeunesse (7 février 2019)
Collection : Pôle fiction

vendredi 22 février 2019

LADY HELEN, T1 le club des mauvais jours de Alison Goodman

Sorti le 18 août 2016

Résumé: Londres, Avril 1812.... Lady Helen Wrexhall s’apprête à faire son entrée dans le monde. Bientôt, elle sera prise dans le tourbillon des bals avec l'espoir de faire un beau mariage. Mais une bonne de la maison disparait, des meurtres sanglants sont commis, la plongeant soudain dans les ombres de la Régence. Helen fait la connaissance de lord Carlston, un homme à la réputation sulfureuse. Il appartient au Club des mauvais jours, une police secrète chargée de combattre des démons qui ont infiltré toutes les couches de la société. Lady Helen est dotée d’étranges pouvoirs, mais acceptera-t-elle de renoncer à une vie faite de privilèges et d'insouciance pour rejoindre lord Carlston et basculer dans un monde terrifiant ? 

Mon avis: Voilà un livre qui aura passé un très long moment dans ma PAL. Et comme en ce moment, j'ai décidé de dépoussiérer un peu celle-ci, me voilà donc avec une nouvelle histoire à vous faire découvrir. Dire que je regrette d'avoir attendu si longtemps pour lire ce roman est un euphémisme, toutefois, vu la lenteur des sorties des suites, j'ai un peu moins de regrets. 

Ce qu'il faut savoir ici, c'est que ce roman est d'un genre plutôt rare dans les rayons. Il s'agit d'un roman historique, fantastique et jeunesse, bien que le jeunesse soit relatif car les personnages sont considérés comme des adultes. Ce livre raconte l'histoire de Lady Helen, une jeune femme qui vit chez son oncle et sa tante depuis la mort de ses parents. Lady Helen vit dans la plus haute sphère de la société et doit être présentée à la cour pour vivre ses premiers bals afin de trouver un mari. Seulement, après la supposée trahison de sa mère envers la couronne, Lady Helen doit faire profil bas afin de faire un bon mariage. Et bien qu'elle soit reconnaissante envers sa tante et son oncle, la jeune Lady a du mal à renier cette mère qu'elle a aimé. Elle décide alors de prendre, à l'insu de tous, le médaillon qui garde la miniature de la photo de sa mère ainsi que les mèches de leurs cheveux entrelacés pour sa présentation à la reine. Se sachant coupable d'un geste qui pourrait la détruire, elle est finalement sauvée par Lord Carlston qui lui chipe l'objet. Mais Carlston n'est pas un homme qu'elle doit côtoyer et pourtant, cet objet va les rapprocher et surtout, ouvrir à Lady Helen un monde qu'elle ne soupçonnait pas. Enquêtes, démons, meurtres, bienvenue dans le club des mauvais jours, Lady Helen...

Bien que la mise en place du roman soit un peu longue, dès les premières pages, j'ai su que j'allais aimer ce bouquin. Ce livre possède toutes les qualités d'un roman historique mais aussi celles d'un roman fantastique réussi. L'originalité de l'univers fantastique a vraiment été un point majeur de mon appréciation. L'auteur dépeint un monde qu'il ne m'est pas difficile à imaginer tout en gardant le cadre stricte de la romance historique. Le fait qu'Alison Goodman prennent son temps pour la mise en place est aussi un atout. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde alors que le roman fait quand même 576 pages. Il faut dire que nous allons de rebondissements en rebondissements, le tout entrecoupé de scènes où nous découvrons la façon de vivre en 1812. 

Du côté des personnages, là encore, l'auteure fait un travail formidable. Très bien détaillés ou encore émotionnellement parlant, ce qui n'est pas évident avec un point de vu omniscient, ils possèdent chacun leur trait de caractère au milieu d'une société où le paraître est exigé.
Je me suis bien évidement prise d'affections pour les personnages principaux, que ce soit Lady Helen ou Lord Carlston et bien que la romance soit très peu présente ou très lentement développée (au choix), ces deux-là, m'ont beaucoup plus. D'un caractère assez fougueux, Helen et Carlston ne se laissent pas marcher sur les pieds. J'ai d'ailleurs adoré leurs échanges, parfois amusés, parfois timorés mais souvent saupoudrés de petites piques. 

En bref, un roman que j'aurais mis du temps avant de le lire mais qui une fois entre les mains n'aura pas fait long feu malgré son épaisseur. L'auteur a su me charmer avec ses connaissances historiques sur la Régence mais aussi avec son univers démoniaque très bien maîtrisé. Je vais de ce pas commencer le second tome car j'ai vraiment envie de découvrir la suite des aventures de Lady Helen

Mes extraits:
Helen ploya son genou gauche et fit sa révérence, la tête baissée. Ses gestes étaient aisés, sans rien de vacillant. Elle respira – tante Leonore serait contente. Sous ses yeux, la main gantée de la souveraine était crispée sur l’accoudoir sculpté. Dans un bruissement de soie bleue, elle vit s’approcher le corsage cousu d’étoiles d’or et parsemé de diamants de Sa Majesté qui se penchait pour lui donner le baiser royal. Helen leva son visage vers un suave parfum de girofle et l’éclat de diamants brillant sur une peau tachée par la vieillesse. Puis elle sentit des lèvres desséchées se poser doucement sur son front.
- Vous êtes la fille de la comtesse de Hayden ? demanda Sa Majesté d’une voix si basse que Helen ne sentit guère qu’une haleine tiède sur sa peau.
Elle avait donc posé la question fatale. Helen sentit sa gorge se serrer et n’eut que la force de hocher la tête.
- Mon enfant, ne croyez pas tout ce qu’on dit de votre mère.
***
Elle-même sourit, les yeux plongés dans les siens, en échangeant avec lui une conversation muette où il suffisait pour se comprendre d'un haussement de sourcil imperceptible, d'un battement de paupières, d'une lèvre s'incurvat avec lenteur .
- Vous êtes venu. Elle n'essaya pas de cacher son soulagement
- Avez vous douté de moi ?
Elle baissa un instant les yeux. Oui, elle avait douté de lui. Et ses doutes n'avaient peut-être pas disparu.
Il inclina la tête pour marquer qu'il acceptait la responsabilité dans cette confiance perdue. -Je vous ai promis que je veillerais sur vous, et je tiendrai parole. - Même si j'ai choisi... - Oui, même alors.


Chronique de Sandy Twi-Cops

Broché: 576 pages
Editeur: Gallimard Jeunesse
Collection: Roman Ado